Devant quelque 20 000 personnes, Benoît Hamon a haussé le ton pour donner un nouvel élan à sa campagne. | Marc Ollivier / Ouest-France

Le candidat socialiste a frappé fort, hier, en remplissant la salle de Bercy. Sévère avec Emmanuel Macron, son principal concurrent, il veut croire que l’élection n’est pas jouée d’avance.

Hamon, Mélenchon ou Macron ? Dans les travées de Bercy, les indécis sont encore nombreux. « Benoît Hamon est le candidat le plus proche de ma sensibilité. Mais j’hésite encore avec Mélenchon. Dommage qu’ils ne se soient pas entendu », déplore Loïc, 42 ans. « Je ne sais vraiment pas qui choisir, avoue Fanny, 31 ans. J’aime bien Hamon, parce qu’il défend des valeurs de gauche, comme l’égalité. Mais j’apprécie aussi Macron, parce qu’il prend ce qu’il y a de meilleur dans tous les programmes. »

Coincé entre le candidat d’En marche ! et celui de La France insoumise, Benoît Hamon s’est efforcé, hier, de marquer sa différence. Devant quelque 20 000 personnes, il a haussé le ton avec l’espoir de donner un nouvel élan à sa campagne, de déjouer les pronostics qui le donnent éliminé dès le premier tour. « Tout commence aujourd’hui, tout commence avec vous, tout commence par vous », a-t-il lancé dans un discours très enlevé où perçait l’émotion. Lâché par une partie de son camp, dont Manuel Valls, il fait front : « Moi, en tant que Breton, je sais garder la nuque raide. »

Victime du vote utile ?

La qualification probable de Marine Le Pen pour le second tour complique la tâche de Benoît Hamon qui pourrait être la victime d’un vote utile en faveur d’Emmanuel Macron. « Le seul vrai vote utile, c’est celui de ses convictions », a prévenu Anne Hidalgo, maire de Paris. « Nous ne croyons pas à la fatalité d’une élection par défaut, par dépit, par déprime. Nous sommes fatigués de voter contre. Nous voulons voter pour », a tonné Benoît Hamon sous les vivats.

Cible principale du candidat du PS, Emmanuel Macron est renvoyé dans le camp « libéral ». Le candidat d’En marche n’est « ni de gauche ni de gauche », répètent les socialistes restés fidèles au vainqueur de la primaire. Benoît Hamon réclame de la « clarté » dans les choix. Taxé de « girouette », Emmanuel Macron ne vaudrait guère mieux que François Fillon et Marine Le Pen. « Le parti de l’argent a trop de candidats dans cette élection », lance Benoît Hamon, avant d’inviter les électeurs à s’interroger sur les « lobbys puissants » qui entourent l’ancien ministre de l’Économie : « Vous avez le droit de savoir qui finance la campagne de qui ! »

Sévère avec Macron, plus charmeur avec Mélenchon, à qui il dispute la première place à gauche. OEillades appuyées vers les électeurs « insoumis ». Hamon revendique toute l’histoire de la gauche. Il fait applaudir Hollande, Cazeneuve et Le Drian pour leur action contre le terrorisme. Il multiplie les références historiques, citant Zola, Jaurès, Blum, Aragon, Mendès France, mais aussi Mitterrand, Jospin et Rocard : « Ma famille, mes idées, ma vie, mon combat, ma fierté, c’est la gauche. » Quant au revenu universel, mesure phare de son programme, « il poursuit l’oeuvre du Conseil national de la Résistance ».

Le candidat socialiste n’oublie aucun des acquis et des marqueurs de la gauche. Hier : l’abolition de l’esclavage et de la peine de mort, la lutte contre la loi Devaquet et le CPE, les 35 heures, le mariage pour tous. Demain : le droit de vote des étrangers aux élections locales, les nationalisations temporaires et le non-cumul des mandats. « Voilà ce que je veux être, voilà ce que je suis, candidat pour, a-t-il conclu. Pour plus de justice, pour plus d’écologie, pour plus de fraternité, pour un futur désirable, pour une nouvelle espérance. »

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