Hubert Caouissin a avoué avoir tué dans la nuit du 16 au 17 février dans la banlieue nord de Nantes Pascal et Brigitte Troadec, tous deux âgés de 49 ans, ainsi que leurs enfants, Sébastien, 21 ans, et Charlotte, 18 ans. Crédits photo : STEPHANE MAHE/REUTERS

Pendant deux semaines, «chaque nouvelle» a été vécue «comme des coups de poignard», raconte l’avocate de la mère et des sœurs de Brigitte Troadec. Ces dernières «sont dans une extrême douleur. Elles font face à un multiple deuil, quatre personnes proches d’elles sont décédées en même temps», explique leur conseil à l’AFP. «Elles font face à l’idée qu’elles ne vont pas pouvoir organiser des sépultures avant un temps relativement long, plusieurs semaines. Elles ne savent pas quels restes humains elles pourront enterrer», ajoute Me Cécile de Oliveira qui dénonce au passage «le harcèlement médiatique» dont est l’objet ses clientes.

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Les derniers espoirs ont été cassés net par les aveux d’Hubert Caouissin. Dimanche, celui-ci a avoué avoir tué dans la nuit du 16 au 17 février dans la banlieue nord de Nantes Pascal et Brigitte Troadec, tous deux âgés de 49 ans, ainsi que leurs enfants, Sébastien, 21 ans, et Charlotte, 18 ans, puis les avoir démembrés. Des fragments de corps humains et des objets appartenant aux victimes ont depuis été découverts lors de fouilles à son domicile. Le principal suspect a avancé devant les enquêteurs un mobile lié à un supposé héritage de pièces d’or mal partagé, entre sa compagne, Lydie Troadec, également mise en examen dans le dossier, et son beau-frère Pascal.

«Brigitte et Pascal Troadec étaient très mal à l’aise et parfois un peu inquiets de l’obsession de leur beau-frère.»

Pourtant les aveux d’Hubert Caouissin n’ont pas tout à fait surpris la famille de Brigitte Troadec. «Il avait une espèce d’obsession tout à fait étonnante qui le rendait agressif sans aucune raison valable ou réelle à l’égard de Pascal Troadec et de Brigitte», affirme Cécile de Oliveira. «Brigitte et Pascal Troadec étaient très mal à l’aise et parfois un peu inquiets de l’obsession de leur beau-frère avec lequel ils n’avaient quasiment plus de contacts», poursuit l’avocate. Pascal Troadec se serait aussi plaint auprès de la gendarmerie «d’avoir été accusé mensongèrement et de manière répétée sur cette histoire de lingots d’or qui sort de l’imaginaire d’Hubert Caouissin».

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Les enquêteurs cherchent encore à vérifier l’existence de ce trésor. La mère de Pascal Troadec, le père de famille assassiné, et de Lydie Troadec, compagne du suspect, a évoqué jeudi cette piste dans Le Parisien. «Cette affaire terrifiante trouve son origine dans un trésor composé de lingots et de pièces d’or que mon mari avait caché dans le garage de notre maison», selon elle. Son fils aurait placé cet «or volé» à Monaco et Andorre. La mère du suspect, Hubert Caouissin, affirmait pour sa part que «cette histoire de lingots», c’était «n’importe quoi». Une source proche de l’enquête, contactée par l’AFP, appelle ainsi à la plus grande prudence: «On n’est que sur du déclaratif pour l’instant.»

(Avec AFP)