Marine Le Pen, au Parlement européen de Strasbourg (Bas-Rhin), le 5 juillet 2016. (VINCENT KESSLER / REUTERS)

Le garde du corps et la cheffe de cabinet de Marine Le Pen, visés par l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs des assistants du FN au Parlement européen, sont entendus, mercredi 22 février, à Nanterre (Hauts-de-Seine) par les policiers de l’Office anticorruption (Oclciff), selon source policière à l’AFP ainsi qu’une source proche de l’enquête à franceinfo.

Les auditions de Thierry Légier et Catherine Griset, confirmées par une source au FN à l’AFP, ont lieu dans le cadre de l’enquête confiée par le parquet de Paris à des juges d’instruction depuis décembre. La justice française a ouvert le 15 décembre une information judiciaire pour abus de confiance, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé dans l’enquête sur ces soupçons de fraude relative à l’emploi par le FN d’assistants parlementaires.

En parallèle, le Parlement européen réclame à Marine Le Pen, élue dans ses rangs, un total de 339 946 euros de salaires qu’il considère indûment versés à Thierry Légier, en 2011, et à Catherine Griset, de 2010 à 2016, car ils n’auraient pas occupé les fonctions d’assistants pour lesquelles ils ont été payés sur des fonds publics européens. En l’absence de remboursement de la part de la candidate de l’extrême droite à la présidentielle, l’assemblée européenne devait commencer mi-février à recouvrer ces sommes en amputant de moitié l’indemnité de Marine Le Pen.

Le siège du FN perquisitionné lundi

Le Parlement européen avait saisi la justice française en mars 2015 après les élections européennes de 2014 remportées par le FN en France. A cette époque, les soupçons portaient sur les conditions dans lesquelles étaient employés et payés 20 assistants d’élus frontistes au Parlement européen, car leurs noms apparaissaient aussi sur l’organigramme du parti en France. Des faits qui s’ajoutent à ceux concernant Thierry Légier et Catherine Griset.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en mars 2015, avant de confier le dossier aux juges d’instruction. L’information judiciaire porte sur des délits présumés d’abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux, et travail dissimulé. De son côté, le gendarme antifraude de l’Union européenne, l’Olaf, a transmis en juillet dernier un rapport à la justice française.

Dans le cadre de l’enquête des juges d’instruction, une perquisition a eu lieu lundi au siège du FN à Nanterre, près de Paris.

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